© JOEL_DAMASE

Confinement à la campagne

Lundi 16 mars, le couperet est tombé : chacun doit rester confiné chez lui, c’est une question de santé publique. Evidemment, l’annonce a généré beaucoup d’inquiétude et dans ma maison creusoise, dès le début j’ai essayé dtout mettre en place pour me sentir le mieux possible. J’ai testé pour vous le confinement en Creuse ! Avec un peu plus d’une semaine de recul, des hauts et des bas, je m’estime plutôt chanceuse. Jugez par vous-même…

 

Un bureau face à la nature

Il s’avère que dans mon hameau, les effets du confinement ne sont pas flagrants : neuf maisons dont une résidence secondaire et trois inhabitées ! Nous sommes donc sept habitants, confinés dans cinq maisons éloignées et bien réparties dans l’unique rue du village.  

Heureusement, je télétravaille ce qui occupe une bonne partie de mes journées. J’installe mon bureau provisoire chaque matin dans la cuisine, face à une immense fenêtre donnant directement sur le jardin. Je lance le dernier album de Gauvain Sers (notre chouchou creusois), jpeux enfin rédiger quelques textes et courriers en retard. 

Au travail ! Par la fenêtre ouverte le soleil brille, les oiseaux chantent, les fleurs colorent le jardin Impossible de profiter de telles conditions au bureau où voitures et camions circulent, freinent et accélèrent toute la journée devant la porte.  

Un voisinage bruyant mais attachant

C’est sans compter sur certains voisins qui ne télétravaillent pas apparemment ! Assez vitele chant des tondeuses résonne en stéréo Pour l’avoir vécu, on ne résiste pas plus d’un quart d’heure à ces accords dissonants ! Je reprends mes proses, fenêtre fermée pour la journée car après ltonteils ont taillé les haies, désherbé les bordures et je me demande même s’ils n’ont pas tronçonné du bois pour les dix hivers à venir…  

Le sort du personnel soignant me toucheJ’ai entendu à la radio “France Bleu Creuse” que chaque soir les français les honorent en les applaudissant. Jveux me joindre à ce mouvement collectif et l’attends avec impatienceDès vingt heures sur la terrasse, je crie, applaudis, chante… Quelle excitation, quel moment fortUn silence de plomb me répondpuis soudain, quelques claps très lointains…. J’hurle : “C’est toi Jean-Louis ?”. “Oui, ça va ?”. “Oui, et toi ?”. “Oui, à plus tard !”. “Ben oui !!! Bonne nuit !”. Voilà un bon résumé de ma vie sociale actuelle !  

Un petit déplacement obligatoire ?

Le lendemain matin, avant de me mettre au travail, j’organise une petite escapade et remplis religieusement ma première attestation de déplacement dérogatoire ! Nom, prénom, identité… quel est le but de cette sortie ? “Jeter le sac poubelle dans le conteneur”.  Je tente une croix dans la case “Déplacements brefs, à proximité du domicile…Je m’élance sur la route, papier en poche, sac à la main, c’est à cinquante mètres. Bon, ça y est ! Le sac est jeté. Je regarde à droite. Je regarde à gauche. Il n’y a personne. Le premier voisin habite encore plus loin, il n’est pas dans son jardin. Personne dans les champs non plus, pas même un chevreuil ! Je rentre lentement, guettant le moindre bruit de moteur, prête à exhiber mon précieux sésame mais non… je n’aurai pas l’occasion de montrer mon civisme aujourd’hui… ni les prochains jours, je le crains !  

Les bienfaits de la nature, tout simplement

Face à cette petite baisse de moral, je me laisse tomber dans l’herbe du jardin, près du ruisseau qui le traverse. Le bruit de l’eau, la douceur du soleil agissent sur moi comme un remontant ! Je suis bien ici, dans la Creuse, près des miens, dans ce cadre magnifique rêvé par tant de citadins ! C’est vrai, je n’ai vraiment pas à me plaindre. Je me lève et je fais le plein de belles choses juste ici, dans mon jardin où les fleurs m’ont offert un superbe spectacle. Merci !