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Portrait de Creuse
Portrait de Creuse

Un peu de Pérou en Creuse grâce à Mako Moya

Un artiste péruvien sur les terres creusoises

Un artiste qui surprend et se renouvelle sans cesse. Il a su puiser à la fois dans son environnement creusois mais aussi dans ses racines Sud-Américaines, toute la force et la vie qu’il insuffle à travers ses œuvres.

Mako Moya

J’ai rendez-vous avec lui un après-midi de mars. Après une semaine très ensoleillée, ce vendredi-là ressemble à un jour de Toussaint. Je règle mon GPS pour Les Civadoux près de Saint Pierre Chérignat. Me voilà partie vers une rencontre que j’attends avec impatience.

Il aime
  • Les couleurs
  • Les paysages creusois
  • La liberté d'expression

Mako Moya est un artiste. J’ai préparé notre entrevue en parcourant son site Internet, les réseaux sociaux, les articles de presse pour m’imprégner de son style et de son œuvre. Il a déjà participé à de nombreuses expositions individuelles ou collectives. Son travail m’intrigue et me séduit… J’ai tellement hâte d’en savoir plus !

Je gare la voiture devant la maison et suis immédiatement accueillie par un homme à la veste et aux mains boueuses. C’est lui !

– Bonjour ! Vous jardiniez ?

– Non, pas du tout ! Je fabrique un four dans le jardin pour cuire mes sculptures.

Des sculptures ? Moi qui pensais rencontrer un peintre !

J’ai bien compris l’importance de la matière pour lui. Il a peint sur des murs et différents matériaux : des carottes de granite, des rondins de bois… mais j’ignorais qu’il sculptait.

Mako m’explique alors que pendant le confinement, il a travaillé sur les volumes et que son voisin chauffagiste (et sculpteur à ses heures) l’avait beaucoup aidé et inspiré. Du métal à la pierre puis à la terre, il n’y a qu’un pas, qu’il a franchi allégrement. La glaise vient de là, près de chez lui. Fine, pleine de cailloux ou d’herbe, peu importe ! Il la prend comme elle vient, la travaille, la modèle, la transforme puis la fait sécher. Comme il lui a été impossible de trouver un four, il l’a construit pour un résultat final impeccable !

Je découvre l’équipement semi-enterré au fond du jardin puis dans la maison, les personnages de toutes tailles et formes ayant cuit à l’intérieur. Les projets ne manquent pas ! Installer des sculptures dans le jardin, ouvrir une salle d’exposition, accueillir du public. L’artiste a envie d’essayer, d’échanger et de communiquer.

Il me montre ses tableaux exposés dans une pièce dédiée. Quel choc visuel ! Une force incroyable s’en dégage due certainement à la puissance des couleurs et aux formats, souvent très grands. La matière présente et épaisse ajoute à la vigueur des œuvres.

Au début, les scènes érotiques et les femmes nues faisaient partie de ses inspirations. Au fil du temps, il s’est tourné vers des représentations abstraites ou au contraire, des scènes de vie, des paysages et une galerie de portraits étonnamment vivants. Oui, il aime changer de style et piocher, naviguer, s’inspirer de différents univers.

Originaire du Pérou, c’est l’amour qui l’a fait venir en Creuse en 2012. Depuis, il sème des petits bouts de son pays au cœur de la sage nature creusoise. Il exploite ce que la terre lui offre et aime aussi profiter des conseils de ses amis artistes. Généreux et simple, il distille quelques messages dans ses œuvres… à nous d’en profiter !

Mako Moya a participé à de nombreuses expositions individuelles et collectives.

S’il est fortement présent en Limousin ( Aubusson, Eymoutiers, Royère de Vassivière, Bourganeuf, Limoges…), ses réalisations sont régulièrement présentées dans toute la France (Sète, Montluçon…) mais aussi, bien-sûr dans son Pérou natal.

Très accessible et heureux de faire partager son oeuvre, il est facile de découvrir ses murs peints en Limousin ou de le rencontrer, directement dans son atelier !