Label "Patrimoine du XXè siècle"

© J. Damase
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Road trip : 7 monuments labellisés « Patrimoine du 20ème siècle » au pays de la tapisserie d’Aubusson

On vous emmène en balade à la découverte d’un patrimoine qui n’a pas pris une ride. Petit road trip sur  les routes sinueuses de La Creuse, depuis le village de Saint-Maixant en passant par la Capitale de la tapisserie, et sa petite sœur Felletin, pour finir sur le Plateau de Millevaches à Gentioux.

Lorsque vous entendez le mot « patrimoine », vous pensez châteaux, demeures historiques, églises plusieurs fois centenaires…  Vous avez raison, mais certaines constructions bien plus récentes ne manqueront pas de vous surprendre avec leur architecture exceptionnelle ou atypique ainsi que les bouleversements qu’elles ont apportés en terme d’urbanisme, d’innovation sociale et d’avancée technique. En route !

Publié le 15 avril 2020
Premier arrêt à

Saint-Maixant

Le caveau funéraire de Pierre Loth

On commence notre découverte des monuments labellisés « patrimoine du XXè siècle » avec le caveau funéraire d’un tailleur de pierre du pays : Pierre Loth. A l’entrée du cimetière, le monument attire l’œil par ses dimensions exceptionnelles mais aussi l’abondance des décors : symboles des Compagnons, décors animaliers, végétaux, géométriques, la balance, le bonnet phrygien…

Au vu de sa qualité, ce monument funéraire a très certainement été conçu comme un chef-d’œuvre de compagnon tailleur de pierre. Exercice imposé à tout apprenti-compagnon pour pouvoir passer maître en devenant, une fois le Tour de France achevé, compagnon-fini.

Anecdote : C’est en 1900 que Pierre Loth entreprend de construire son caveau, soit 32 ans avant sa mort !

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Direction

Aubusson

Les Bains-douches

Arrêtez-vous rue Vaveix, à deux pas du pont de La Terrade. Un bâtiment flanqué d’une frise de losanges, en briques vernissées de couleurs bleu-vert et blanc, attire votre œil. Ce sont les anciens bains-douches de la ville qui ont fonctionné de 1927 à 1969. La présence de bains-douches n’est pas exceptionnelle dans une ville comme Aubusson. Au début du siècle, la tuberculose fait des ravages en France et constitue la cible majeure des courants hygiénistes. A la même époque de nombreuses municipalités feront bâtir les mêmes installations.

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L’Hôtel de ville

Remontez la Grande Rue pour découvrir en son milieu, l’Hôtel de ville d’Aubusson, un bel exemple du style Art-déco très peu répandu dans la ville : volumes géométriques et angulaires, toit-terrasse surmonté d’un campanile de forme carrée supportant une horloge, utilisation de matériaux de construction modernes à l’extérieur (couvertures en zinc), aménagements novateurs à l’intérieur (planchers en ciment armé)… La décoration est signée de l’architecte-décorateur Lucien Rollin.

Anecdote : Le projet de construction de ce bâtiment fit couler beaucoup d’encre et déclencha de nombreuses polémiques, toutefois l’inauguration eu bien lieu en 1937, en présence de 3 ministres du gouvernement de Léon Blum.

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La Maison Denhaut

On termine notre halte aubussonnaise, au 7bis de la rue des Déportés, on lève les yeux pour contempler les 5 étages de cet immeuble Art Nouveau (ferronneries soignées, moulures, répertoire végétal). En 1906, l’architecte creusois François Denhaut fait bâtir cet immeuble pour faire connaître son savoir-faire dans le domaine du bâtiment. Il y privilégie le confort et la fonctionnalité. Ce sera sa « maison-réclame ».
François Denhaut est fils de maçon creusois. Après avoir suivi un apprentissage familial, il s’établit au tout début des années 1900 à Aubusson et y crée une entreprise de travaux publics spécialisée dans l’utilisation du ciment armé.

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On file à

Felletin

Le Lycée des Métiers du Bâtiment à Felletin

Juste à l’entrée de la ville, cette école, de renommée nationale et établie sur un campus de plus de 18 hectares, peut accueillir en ses murs 1000 apprenants ! Pour la découvrir, rendez-vous au belvédère situé sur la colline de Beaumont à Felletin (rue Gustave Degaine). Sa construction, débutée en 1947, a été assurée par les élèves eux-mêmes, dans le cadre de travaux pratiques d’apprentissage. Les différents bâtiments sont disposés de manière concentrique autour de la colline des Granges. On y a même construit l’une des premières piscines de La Creuse ! On y forme les élèves dans cinq filières du CAP au BTS, en passant par des Bacs Pro, des BP, Mentions complémentaires ou Brevets des Métiers d’Arts.

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Les Ateliers Pinton

Dernier arrêt à Felletin, 9 rue Préville, pour découvrir l’architecture atypique du bâtiment qui abrite les Ateliers de tapisseries Pinton. Dans les années 1960, l’activité de cette manufacture de tapisseries est dispersée entre plusieurs sites, employant une centaine de personnes. Dans un besoin de rationalité, un projet de construction est confié à l’architecte de notoriété Jean Willerval. Il créé en 1973, trois corps de bâtiments, de 2 à 3 niveaux juxtaposés, regroupant des bureaux, un espace d’exposition et de vente, un atelier de teinture, deux ateliers de tissage de tapisserie, un atelier de tissage de tapis auquel est adjoint un atelier de finition et enfin, un magasin de laines avec un espace dévolu au cartonnier.

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Dernier arrêt à

Gentioux

On prend la route du plateau, direction Gentioux à 25 minutes de Felletin pour une dernière découverte.

Le Monuments aux Morts

Au centre du bourg, trône le célèbre monument aux morts de la commune. Il fait partie des dix monuments d’inspiration pacifiste recensés en France. L’apostrophe « Maudite soit la guerre » est mise en évidence par le poing levé d’un orphelin, habillé d’un sarrau et chaussé de sabots. Il est inauguré par les élus locaux et la population en 1922, mais la préfecture refusera d’être représentée. Lors de leur passage, ordre étant donné aux troupes se rendant au camp militaire de La Courtine de détourner la tête.

Anecdote : Jamais officiellement inauguré et longtemps exclu des cérémonies officielles, ce n’est qu’en 1985, à l’occasion de l’inauguration de la nouvelle gendarmerie, que le préfet du département a salué le monument.

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Aller + loin

découverte

dans votre

La Cité internationale de la tapisserie, à Aubusson, installée dans l’ancien bâtiment de l’École Nationale d’Art Décoratif, on y trouve une belle collection de tapisseries des XXè et XXIè siècle (Lurçat, Wogensky, Calder, Gleb…)

L’église du Château, à Felletin, devient en saison le cadre d’une exposition de tapisseries. Son intérieur sobre met en valeur les verrières modernes en pâte de verre, œuvre contemporaine de l’artiste toulousain Henri Guérin, ainsi qu’un autel de granit et une croix dont les plans ont été dessinés par l’architecte Le Corbusier